Hausse du barème fiscal des véhicules de fonction : ce qui change pour les salariés en 2025

Sommaire
Une évolution qui redessine le coût des véhicules de fonction
Les véhicules de fonction font depuis longtemps partie intégrante des packages de rémunération, notamment pour les postes nécessitant une forte mobilité. En France, cet avantage joue un double rôle : c’est à la fois un outil professionnel indispensable et un avantage en nature, soumis à un traitement fiscal et social spécifique, encadré par la loi.
Depuis février 2025, un nouveau cadre s’applique. La réforme du calcul des avantages en nature liés aux véhicules de fonction, introduite par la loi de finances 2025, modifie la donne pour de nombreux salariés. Elle se traduit par une augmentation du montant intégré dans la base des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu, avec des répercussions concrètes sur le net à payer.
Ces changements s’inscrivent dans une logique d’actualisation des évaluations fiscales, dans un contexte de recherche d’équilibre budgétaire, et invitent les entreprises à réévaluer leurs dispositifs pour informer et accompagner leurs collaborateurs.
Rappel du principe : comment sont taxés les véhicules de fonction ?
Qu’est-ce qu’un avantage en nature ?
Lorsqu’un employeur met un véhicule à disposition d’un salarié, et que celui-ci peut l’utiliser à titre personnel, même ponctuellement, l’utilisation privée constitue un avantage en nature. Cet avantage :
Deux méthodes de calcul possibles
Pour déterminer le montant de cet avantage, deux approches sont prévues par la réglementation :
Ce qui a changé en 2025 : un barème relevé
Avant la réforme
Jusqu’en janvier 2025, le calcul forfaitaire de l’avantage en nature était basé sur :
Ces pourcentages s’appliquaient directement au prix d’achat TTC du véhicule, sans tenir compte des kilomètres réellement parcourus à titre privé, sauf si l’employeur optait pour le calcul au réel.
Après la réforme
Depuis la publication de l’arrêté du 25 février avec application immédiate pour les cotisations dues à partir du 1er février 2025, ces taux sont devenus :
Cette évolution figure à présent au bulletin officiel de la sécurité sociale qui encadre la fiscalité des avantages en nature véhicules.
Conséquences concrètes : quel impact pour les salariés ?
Un exemple parlant
Prenons le cas d’un véhicule de 30 000 € TTC, mis à disposition par l’employeur.
Durée de détentionAncien forfaitNouveau forfaitDifférence< 5 ans2 700 €/an (9 %)4 500 €/an (15 %)+1 800 €/an> 5 ans1 800 €/an (6 %)3 000 €/an (10 %)+1 200 €/an
Pour un véhicule de moins de 5 ans, l’avantage imposable augmente donc :
Cela représente au total près de 936 € supplémentaires par an, soit environ 78 € nets en moins par mois pour un salarié percevant environ 3 000 € mensuels.
Les métiers itinérants en première ligne
Pour les commerciaux, technico-commerciaux, responsables régionaux ou consultants amenés à effectuer de nombreux déplacements, la voiture de fonction n’est pas un simple bonus. Il s’agit d’un outil indispensable à l’exercice même du métier, pour :
Même si la hausse de l’avantage imposable ne représente pas une charge directement prélevée sur le salarié, elle se traduit par une baisse du net disponible, via la mécanique des cotisations sociales et de l’impôt. Cela peut influencer la perception globale de la rémunération et peser sur le pouvoir d’achat.
Enjeux pour les entreprises et leurs services RH
Ce relèvement du barème amène les entreprises à :
Il est aussi important pour les employeurs d’accompagner cette évolution en expliquant qu’il s’agit d’une conséquence réglementaire, indépendante des décisions de l’entreprise.
Et pour les véhicules de fonction électriques ?
Un abattement renforcé qui encourage clairement le choix de l’électrique
La réforme de 2025 introduit une évolution subtile mais significative des abattements applicables aux véhicules électriques dans le calcul de l’avantage en nature (AEN). Alors que l’ancien dispositif prévoyait un abattement de 50 %, limité à 2 000,30 € par an (valeur 2025), le nouveau texte va plus loin :
Cette mesure, applicable jusqu’au 31 décembre 2027, s’adresse aux véhicules 100 % électriques bénéficiant d’un éco-score favorable délivré par l’ADEME, attestant de leurs qualités environnementales.
Concrètement, cette nouvelle architecture fiscale permet de neutraliser en grande partie la hausse des taux forfaitaires généraux (désormais fixés à 15 % ou 10 %). Ainsi, le niveau final d’avantage en nature reste largement contenu pour les véhicules électriques, ce qui en fait une option particulièrement attractive sur le plan fiscal et social. Pour les entreprises, cela représente un levier efficace pour optimiser le coût global de leur flotte tout en valorisant leur stratégie RSE, et pour les salariés, une opportunité de bénéficier d’un véhicule moins pénalisant sur leur rémunération nette.
Pourquoi ces ajustements ?
Ces changements visent à aligner davantage l’avantage imposable sur la valeur réelle du bénéfice retiré par le salarié, ils participent aux objectifs globaux de recettes publiques, tout en orientant indirectement le marché vers des véhicules moins polluants grâce aux dispositifs d’abattements et d’exonérations sur l’électrique.
L’essentiel à retenir :
Sources réglementaires :
Arrêté du 25 février 2025 publié au JO le 27 février 2025 relatif à l’évaluation des avantages en nature pour le calcul des cotisations de sécurité sociale des salariés affiliés au régime général et des salariés affiliés au régime agricole.



